Comme nous l’avions déjà vu avec le TCL 60 SE NXTPAPER plus tôt cette année, le fabricant chinois ne cherche pas à créer un énième « flagship killer », mais à redéfinir ce qu’un grand smartphone peut apporter au quotidien. Avec son immense écran de 7,2 pouces et sa technologie NXTPAPER 4.0, le nouveau TCL NXTPAPER 60 Ultra se positionne lui aussi à la frontière entre smartphone, liseuse et petite tablette, mais sur un segment plus premium. TCL ne vise pas ici les performances brutes d’un Galaxy S25 Ultra ou d’un Pixel 10 Pro, mais un usage centré sur le confort visuel, la lecture et l’écriture, sans renoncer aux fonctions d’un vrai téléphone.
Ce modèle incarne l’aboutissement de plusieurs générations de produits NXTPAPER, qui étaient jusqu’ici cantonnés à l’entrée de gamme ou à des formats plus modestes. Le 60 Ultra change l’échelle : il assume son gabarit, et cherche à faire plus que son petit frère, le 60 SE, notamment sur la photo et les performances. Reste à voir si c’est assez face à des alternatives plus classiques mais mieux armées dans de nombreux domaines.
Prix et disponibilité
Le TCL NXTPAPER 60 Ultra est commercialisé en Europe, en Amérique latine et en Asie-Pacifique. Deux configurations de stockage sont proposées chez nous en France : 256 Go au prix de 479 €, et 512 Go à 549 €. Dans les deux cas, la RAM atteint 12 Go, et il n’y a pas d’extension microSD sur cette génération.
À ce tarif, le 60 Ultra se positionne comme un milieu de gamme atypique : plus cher qu’une liseuse couleur type Kindle Colorsoft, mais nettement moins onéreux qu’un iPad mini ou un flagship Android récent.
Design : un vrai mastodonte de plus de 7 pouces
Avec son écran de 7,2 pouces, le NXTPAPER 60 Ultra se rapproche clairement du format petite tablette. L’utilisation à une main est quasi impossible, et il faut s’assurer que les poches ou sacs puissent accueillir son encombrement, surtout avec l’étui fourni. Le poids tourne autour de 227 g, ce qui reste raisonnable pour la taille, mais loin des compacts.

Le dos adopte un revêtement en fibre de verre à la finition mate, proposé en deux coloris : Nebula Black (noir) et Luna White. La surface limite bien les traces de doigts et les micro-rayures. L’ensemble donne une sensation de solidité, renforcée par la certification IP68, qui garantit une résistance à l’eau et à la poussière supérieure à la moyenne des milieux de gamme.
Le bloc photo arrière est proéminent, avec un triple module où se distingue surtout le périscope 3x. À l’avant, les bordures autour de l’écran restent assez fines, avec un menton beaucoup plus épais, ce qui rend l’ensemble assez peu moderne.

Le lecteur d’empreintes digitales est intégré au bouton d’alimentation sur la tranche, et est épaulé par un déverrouillage facial. Un interrupteur physique dédié au NXTPAPER Key permet de basculer instantanément entre les différents modes d’affichage (Max Ink, Ink Paper, Color Paper), ce qui est au cœur de l’ergonomie du produit.
Avec l’étui folio et le stylet T-Pen lui aussi fourni, le 60 Ultra se rapproche d’un carnet ou d’un journal relié. La contrepartie, c’est un volume et un poids qui vous empêcheront peut-être de l’emporter absolument partout avec vous.
Le design assume sans complexe le format XXL et la vocation hybride avec les accessoires fournis : séduisant pour lire et écrire, moins pour un usage purement téléphonique.
Écran : l’attraction phare
L’écran LCD NXTPAPER 4.0 de 7,2 pouces est la pièce maîtresse de ce smartphone. Il propose une définition Full HD+ et une fréquence de rafraîchissement de 120 Hz, offrant une bonne finesse d’affichage et une navigation fluide. TCL a superposé plusieurs couches spécifiques : traitement antireflet, filtre de lumière bleue, finition mate et simulation de lumière naturelle. L’objectif est clairement le confort visuel, même lors de longues sessions de lecture.

En pratique, le contraste et les noirs surprennent à l’œil nu pour une dalle LCD, tout en ajoutant un léger voile qui rappelle la texture du papier. La finition mate élimine largement les reflets et les traces de doigts, mais complique la lisibilité en plein soleil, où l’écran paraît plus terne que celui d’un smartphone brillant classique.
Cependant, les mesures ne jouent pas en faveur de ce TCL NXTPAPER 60 Ultra. Avec l’aide du logiciel de calibration Calman Ultimate, le 01lab mesure un contraste moyen de 2702:1, ce qui est très bien pour un LCD, mais constate une colorimétrie franchement dans les choux. Avec le mode par défaut, on obtient un Delta E P3 de 6,2 et un Delta E sRGB de pas moins de 10,8. On est très loin de la norme vidéo de 3. Même la balance des blancs est beaucoup trop froide à 7797K (norme à 6500K). On est donc face à des couleurs assez peu naturelles dans l’ensemble.

La luminosité peut descendre jusqu’à 3,36 cd/m², ce qui permet un usage confortable dans l’obscurité, sans éblouir. Elle monte à seulement 751 cd/m² de SDR et 753 cd/m² en HDR, avec un mode lumière élevée qui permet de monter jusqu’à 864 cd/m². Bref, en intérieur, une luminosité aussi faible ne posera pas vraiment de problème, mais une fois à l’extérieur, il est assez compliqué de lire sous le soleil.
La dalle mate est exempte de scintillement perceptible, et les différents modes NXTPAPER modifient fortement l’expérience :
- Max Ink : interface en noir et blanc, fonctions limitées, autonomie maximale, impression proche de l’e‑ink
- Ink Paper : niveaux de gris, mais Android complet, idéal pour les articles et la navigation légère.
- Color Paper : couleurs atténuées mais présentes, compromis intéressant pour comics, vidéos et réseaux sociaux.
Le basculement entre les modes n’est pas instantané, il faut attendre quelques secondes après avoir cliqué sur le bouton et sélectionné l’option voulue.
Au final, l’écran se distingue nettement de la concurrence par son confort et sa modularité : excellent pour lire et écrire, très correct pour le multimédia, mais moins convaincant en plein soleil ou pour une fidélité colorimétrique de niveau professionnel.
Performances : tout juste ce qu’il faut
Le TCL NXTPAPER 60 Ultra est animé par un SoC MediaTek Dimensity 7400, épaulé par 12 Go de RAM. Cette combinaison vise clairement le milieu de gamme. Pour les tâches quotidiennes, navigation, réseaux sociaux, lecture, vidéo en streaming, la puce se montre fluide et stable, sans ralentissement notable.

En jeu, des titres comme Wild Rift tournent correctement, avec un framerate respectable et sans surchauffe importante. Lors des sessions prolongées, le châssis ne devient que tiède. On reste toutefois loin d’un smartphone gaming dédié : l’objectif est plutôt de permettre du jeu occasionnel que de viser l’e-sport mobile.
Les limites de la configuration apparaissent surtout lors d’usages plus lourds : en rafale photo ou en manipulation de l’interface de l’appareil photo, quelques lags se font sentir.
Côté stockage, jusqu’à 512 Go sont proposés, mais sans possibilité d’extension microSD sur cette génération. Au niveau de la connectivité, on a le droit à du Wi-Fi 6 et du Bluetooth 5.4. On aurait au moins apprécié du Wi-Fi 6E.
Le Dimensity 7400 offre une expérience assez équilibrée : suffisant pour un usage polyvalent et du jeu raisonnable, mais montre quelques signes de fatigue en multitâche lourd et en bascule d’interface.
Batterie et recharge : une autonomie par défaut un peu juste
Le TCL NXTPAPER 60 Ultra embarque une batterie de 5200 mAh, une capacité confortable pour un smartphone de cette taille. Cependant, en usage classique (navigation, lecture, un peu de vidéo, quelques photos), l’appareil tient juste un peu plus d’une journée complète. Si votre usage est plus exigeant, il se pourrait que vous deviez le recharger dès le soir. Le protocole du 01lab nous donne une autonomie de 12 heures et 26 minutes, un peu moins bien que la concurrence dans cette gamme.

Heureusement, les modes d’affichage jouent un rôle clé sur l’autonomie. Le mode Max Ink, qui bascule l’interface en noir et blanc et limite les applications, permet de prolonger énormément l’endurance, jusqu’à plusieurs jours d’usage centré sur la lecture. TCL évoque même des centaines d’heures possibles dans ce mode, même si cela reste dépendant des scénarios d’utilisation. Ink Paper et Color Paper offrent également des gains par rapport à un LCD classique, grâce à des optimisations de luminosité et de rafraîchissement.
La recharge filaire supporte 33 W en pic théorique, avec environ 24 % de batterie récupérés en 10 minutes. Il faut pas moins d’une heure et 56 minutes pour atteindre les 100 %. Ce n’est pas la charge la plus rapide du marché, mais cela suffit pour relancer facilement une grosse journée de lecture. En revanche, aucune recharge sans fil n’est proposée, ce qui peut décevoir au vu de l’appellation « Ultra ».
Autonomie et recharge forment ici un duo cohérent avec la vocation du produit : un compagnon de lecture et de multimédia endurant, qui peut se contenter de charges ponctuelles, surtout si l’on exploite les modes NXTPAPER les plus économes.
Logiciel : des fonctions IA bien pensées mais perfectibles
Le NXTPAPER 60 Ultra tourne sous Android 15 avec une interface TCL maison. L’expérience reste assez proche d’un Android classique, avec des ajouts ciblés autour de l’écran, du stylet et des fonctions d’IA. La surcouche n’est pas envahissante, mais plusieurs options et modes peuvent donner une impression de richesse parfois un peu dispersée.

Les fonctions d’intelligence artificielle comprennent la rédaction assistée, les résumés, les transcriptions, la gomme magique et Entourer pour chercher. Une application spécifique, Liseuse, apparait notamment dans le mode Max Ink : elle peut transformer des livres en audiobooks ou pseudo-podcasts grâce à une synthèse vocale IA à deux voix. Dans la pratique, la qualité de ces voix est assez artificielle et fatigante sur la durée.
Le stylet T-Pen (vendu séparément) est pleinement intégré au système : survol avec curseur, reconnaissance d’écriture, prise de notes et croquis avec 4096 niveaux de pression. La friction de la dalle mate renforce l’illusion d’écrire sur du papier, et la latence perçue est très faible. Le principal grief reste l’absence de logement intégré pour le stylet dans le téléphone, ce qui oblige à utiliser un étui volumineux.
La politique de mises à jour annoncée est ambitieuse pour ce segment : trois versions majeures d’Android et sept ans de correctifs de sécurité. Cet engagement place TCL à un niveau rarement atteint sur le milieu de gamme, même si le rythme effectif des déploiements reste à vérifier dans le temps et qu’on aurait aimé avoir droit à un peu plus de mises à jour Android.
L’expérience logicielle est riche et orientée vers la lecture/écriture, avec des IA encore perfectibles mais un suivi logiciel prometteur.
Audio : des haut-parleurs assez classiques
Le TCL NXTPAPER 60 Ultra intègre une configuration de haut-parleurs stéréo assez classique. Ils offrent un volume suffisant pour regarder des contenus ou écouter de la musique sans recourir à un casque dans un environnement calme. Le rendu reste celui d’un milieu de gamme : équilibré mais sans basses profondes.
Photo et vidéo : un périscope pour des clichés de loin
TCL muscle la configuration photo de son « Ultra » par rapport au 60 SE, et on a ici droit à un troisième capteur téléobjectif offrant un zoom optique 3X.

Voici la configuration photo du TCL NXTPAPER 60 Ultra :
- Principal : 50 Mpx
- Ultra grand-angle : 8 Mpx
- Périscope : 50 Mpx, zoom optique 3x, zoom « optique de qualité » 6x, jusqu’à 100x en numérique
- Selfie : 32 Mpx
Capteur principal
Le capteur principal de 50 Mpx donne des résultats convaincants en bonne lumière. Le piqué est correct, les scènes bien éclairées peuvent produire de belles images. Toutefois, le post-traitement de TCL tend parfois à dégrader la saturation et le contraste, aboutissant à des photos un peu délavées selon les conditions.
En basse lumière, le manque de détails et la montée du bruit limitent la qualité : on reste dans la moyenne d’un milieu de gamme, loin des meilleurs du segment.
Ultra grand-angle
La caméra 8 Mpx ultra grand-angle est clairement le maillon faible du trio. Le niveau de détail est limité, les bords d’image souffrent rapidement, et le rendu général trahit une réduction des coûts. Il reste utilisable ponctuellement pour élargir un cadre, mais ne peut pas rivaliser avec le capteur principal en qualité.
La nuit, les résultats ne sont vraiment pas bons, avec beaucoup de bruit présent.
Périscope
Le zoom 50 Mpx 3x est toujours assez rare sur ce segment. En zoom optique 3x, et même en 6x considéré par TCL « de qualité optique », les résultats sont assez intéressants, notamment pour des gros plans de nourriture ou de fleurs, ou des sujets un peu distants. Au-delà, le zoom numérique jusqu’à 100x se révèle peu exploitable : l’absence d’algorithmes de suréchantillonnage avancés rend les images floues et bruitées.
Portrait et Selfie
En utilisant le périscope, les portraits sont assez détaillés en zoom 3X, mais l’algorithme du smartphone peine à bien détourer les cheveux. À l’avant, le capteur de 32 Mpx offre des résultats corrects.
Vidéo
Le NXTPAPER 60 Ultra peut filmer jusqu’en 4K côté capteur principal, et jusqu’en 2K avec la caméra frontale.
La partie photo est cohérente avec un milieu de gamme : point fort sur la présence d’un périscope rare à ce prix, mais le rendu global est en retrait des meilleurs, surtout côté ultra grand-angle et zoom numérique extrême.
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