Après les Galaxy Tab A9 et A9+ lancées en 2023, Samsung a laissé passer une génération entière de tablettes avant de revenir sur l’entrée de gamme avec la série Tab A11. Avec la Tab A11+, il s’agit de proposer une tablette 11 pouces plus moderne, mieux armée pour durer, tout en restant accessible.
Dans la hiérarchie Samsung, la Tab A11+ reste clairement en dessous des séries Tab S, plus premium, mais elle profite de certains raffinements longtemps réservés au haut de gamme : Android 16 dès la sortie, One UI 8 et surtout une promesse de sept ans de mises à jour majeures et de correctifs. L’objectif n’est pas de concurrencer une machine de productivité, mais de couvrir sans stress les besoins quotidiens : web, vidéo, applis sociales, un peu de jeu et des usages familiaux.
Cette stratégie doit toutefois composer avec une concurrence plus agressive que jamais : Xiaomi, Honor, OnePlus ou TCL proposent des dalles toujours plus flatteuses, de meilleures autonomies ou des accessoires complets pour des prix voisins. On va donc vérifier si la Galaxy Tab A11+ propose un bon équilibre dans ce test complet et pourrait intégrer notre sélection des meilleures tablettes Android.
Prix et disponibilité
La Samsung Galaxy Tab A11+ démarre à 250 euros en France pour la version Wi‑Fi 6 Go de RAM et 128 Go de stockage. Une configuration supérieure avec 8 Go de RAM et 256 Go de stockage est proposée à 329 euros. La tablette est aussi proposée avec une option 5G, avec des configurations identiques à 329 euros et 379 euros, respectivement.
Depuis leur sortie au début de l’automne, elles sont néanmoins régulièrement disponibles à des prix réduits, et cela même sur le site officiel de Samsung. À l’heure d’écrire ce test, la tablette y est notamment disponible dès 220,02 euros. À ce tarif, elle se retrouve face à des modèles comme la Redmi Pad 2 ou la OnePlus Pad Lite, souvent mieux dotés sur certains aspects (écran, autonomie, accessoires).
Design : du Samsung tout craché
Visuellement, la Galaxy Tab A11+ reprend quasiment à l’identique le design de la Galaxy Tab A9+ de 2023 : un châssis plat principalement en métal, des tranches droites et un dos sobre où le logo Samsung et le module photo circulaire sont intégrés dans une bande plastique destinée aux antennes. Les dimensions sont rigoureusement les mêmes avec 257,1 × 168,7 × 6,9 mm, et le poids ne baisse que marginalement, à 477 g pour la version Wi‑Fi. On reste sur un format 11 pouces facile à glisser dans un sac, sans donner l’impression de tenir une brique.

Le dos en aluminium brossé, décliné en gris ou argent, offre une prise en main correcte, mais s’avère assez peu original et sensible aux traces de doigts, ce qui impose de le nettoyer régulièrement pour garder un aspect propre. L’unique module photo dépasse légèrement, sans provoquer de balancement gênant lorsqu’on pose la tablette à plat. La façade reste très classique, avec des bordures visibles, mais acceptables à ce niveau de prix.

Les boutons d’alimentation et de volume se trouvent sur la tranche supérieure en orientation paysage, ce qui confirme que la tablette est pensée d’abord pour un usage horizontal (vidéo, jeux, appels vidéo). Sur les tranches, on retrouve un port USB‑C 2.0, un emplacement microSD (extension jusqu’à 2 To) et surtout une prise jack 3,5 mm, de plus en plus rare sur ce segment.

En revanche, la tablette doit se passer de lecteur d’empreintes : seule une reconnaissance faciale basique (via la caméra) et le code ou le schéma sont proposés. Il faudra donc passer par votre smartphone pour avoir accès à vos applications les plus sécurisées. La protection contre les éléments se limite à une certification IP52, suffisante pour résister à quelques éclaboussures et à la poussière fine, mais loin des normes plus avancées.
Le design de la Tab A11+ est propre, maîtrisé et fonctionnel, mais très conservateur par rapport à la génération précédente. On aurait apprécié une meilleure protection contre l’eau ou la poussière, et au moins un lecteur d’empreintes digitales.
Écran : le calibrage de la dalle laisse à désirer
La Galaxy Tab A11+ utilise une dalle LCD de 11 pouces au format 16:10, affichant 1920 × 1200 pixels pour une densité de 206 ppp. La définition est suffisante pour les usages courants, navigation, vidéo, lecture, même si un examen rapproché révèle certains pixels sur ce grand format. Le taux de rafraîchissement grimpe à 90 Hz, ce qui améliore notablement la fluidité du défilement et des animations par rapport à un 60 Hz classique. Un mode 60 Hz fixe est disponible pour préserver l’autonomie.

Côté luminosité, les mesures du 01lab relèvent un pic à 515 cd/m², très proche de la Tab A9+ (503 cd/m²). C’est suffisant pour un usage intérieur confortable et correct à l’ombre, mais les reflets de la dalle et les angles de vision assez mauvais rendent les contenus difficiles à lire en plein soleil. Plus on s’éloigne d’un visionnage à 90 degrés, plus l’image se ternit et se dégrade rapidement, ce qui limite l’intérêt pour le visionnage à plusieurs. Il n’y a malheureusement pas d’HDR d’ici, ce qui aurait peut-être pu permettre un petit boost de luminosité en plein soleil.
Le contraste de 2848:1 reste très respectable pour une dalle IPS, offrant des noirs corrects et une bonne profondeur dans les scènes sombres. Côté colorimétrie, notre logiciel Calman Ultimate nous indique une balance des blancs beaucoup trop froide (7515K), loin de la norme vidéo à 6500K. La tablette propose un seul profil de couleur, et ce dernier est aussi loin d’être excellent : on mesure un delta E des gris trop élevé (4,4), un delta E élevé en P3 à 6,6 et sRGB à 4,8, avec des pics entre 10 et 12 sur certaines couleurs.
L’écran de la Tab A11+ est tout aussi fluide et lumineux en intérieur que la génération précédente, mais il se fait clairement devancer par des concurrents mieux calibrés et plus contrastés, surtout pour la vidéo et la consultation à plusieurs.
Performances : une puce puissante à ce niveau de prix
Samsung a équipé la Galaxy Tab A11+ d’un SoC MediaTek Dimensity 7300 gravé en 4 nm. L’architecture repose sur quatre cœurs Cortex‑A78 jusqu’à 2,5 GHz pour les tâches exigeantes, et quatre Cortex‑A55 à 2 GHz pour les tâches légères, accompagnés d’un GPU Mali‑G615 MC2.

En pratique, la tablette se montre à l’aise dans les usages quotidiens : navigation web avec plusieurs onglets, réseaux sociaux, vidéo en streaming et multitâche modéré se déroulent sans accroc notable. Le passage d’une application à l’autre via le sélecteur montre parfois un léger délai, mais l’ensemble reste assez fluide pour ce type de produit. La version 6 Go restera probablement utilisable, mais la déclinaison 8 Go que nous testons ici offre un peu plus de marge si l’on multiplie les applis ouvertes ou si l’on fait un usage intensif du mode DeX.
Les benchmarks confirment un net progrès par rapport à la Tab A9+. Sur Geekbench 6, le gain en multicœur tourne autour de 50 %, alors que les résultats sur un cœur ne progressent que d’environ 10 %. Cela se traduit par une meilleure tenue en multitâche et dans les jeux lourds. En GPU, les tests type 3DMark Wild Life Extreme montrent que la tablette est plus de deux fois plus performante que la Tab A9+, avec des scores comparables à ceux d’une Galaxy Tab S10 Lite, pourtant plus onéreuse.
Dans les jeux, cette montée en puissance est visible. Même dans les titres les plus exigeants comme Genshin Impact ou Wild Rift, on peut atteindre les 60 FPS en jouant avec les options graphiques. On reste loin d’un iPad 11 pouces bien plus rapide, mais pour le prix visé, la Tab A11+ devient une option gaming crédible.
Le stockage interne, 128 ou 256 Go, peut être étendu via microSD jusqu’à 2 To, ce qui laisse de la marge pour les jeux, vidéos et fichiers volumineux. Côté connectivité, il faut se contenter du Wi-Fi 5 et du Bluetooth 5.3. Il est très frustrant, fin 2025, de ne même pas au moins avoir droit à du Wi-Fi 6. Seul le tarif modeste de la tablette peut le justifier.
La Tab A11+ offre un sérieux bond en performances CPU et surtout GPU par rapport à la génération précédente : elle assure sans peine les usages courants et se défend bien en jeu, tant qu’on accepte de rester raisonnable sur les réglages.
Batterie et recharge : une autonomie solide
Comme la Tab A9+, la Galaxy Tab A11+ embarque une batterie de 7040 mAh, une capacité plutôt dans la moyenne pour un format 11 pouces. Sur un usage mixte (web, réseaux sociaux, streaming, mails), nos tests relèvent une autonomie de 12 heures et 39 minutes, soit un peu plus d’une journée et demie en usage soutenu. C’est donc un peu mieux que ses concurrentes directes, la Redmi Pad 2 ou encore la OnePlus Pad Lite, à 11 et 12 heures d’autonomie, respectivement.

En pratique, cela signifie qu’en usage courant, on peut tout de même étaler la charge sur deux à trois jours en fractionnant les sessions, surtout si l’on choisit le mode 60 Hz pour ménager la batterie. En 90 Hz, l’autonomie baisse logiquement, mais on restera au niveau attendu pour une journée bien remplie.
Côté recharge, la Tab A11+ passe de 15 W à 25 W, une avancée concrète, mais toujours très timide chez Samsung. Aucun adaptateur n’est fourni dans la boîte, seulement un câble USB‑C. Avec un chargeur compatible, la tablette récupère environ 13 % en 10 minutes et atteint 100 % en 1 heure et 43 minutes. C’est nettement mieux que la Tab A9+ qui mettait près de 2 h 59 à se recharger entièrement.
L’autonomie de la Galaxy Tab A11+ répond bien aux besoins d’une tablette de divertissement et de navigation, et la montée à 25 W en charge rend les recharges intermédiaires beaucoup moins pénalisantes, même si l’on reste loin des vitesses des smartphones les plus rapides.
Logiciel : le gros point fort de la tablette
La Galaxy Tab A11+ sort sous One UI 8 (Android 16), la dernière version de la surcouche Samsung. L’interface est donc à jour, offrant la même philosophie que sur les smartphones Galaxy récents, avec des icônes colorées, des widgets clairs et une organisation pensée pour les grands écrans.

L’attraction phare de cette tablette, c’est la politique de mises à jour : Samsung promet sept ans de mises à jour majeures d’Android et de correctifs de sécurité, jusqu’en 2032 au minimum. C’est largement au‑delà de ce que proposent les concurrents directs, et cela fait de la Tab A11+ un choix très rassurant pour un usage à long terme.
La contrepartie de cette richesse tient dans une interface parfois jugée chargée. Les menus des paramètres de personnalisation sont légion, et Samsung préinstalle ses propres applications en doublon de celles de Google : navigateur Internet, Galerie, App Store, Calendrier, etc. Pour un utilisateur déjà habitué à l’écosystème Samsung, cela reste cohérent, mais pour un profil attaché à Android « stock », il faudra un temps d’adaptation. Malgré cela, les applications préinstallées sont beaucoup moins nombreuses que sur d’autres surcouches, un bon point.
On retrouve également le mode DeX, qui transforme l’interface en pseudo‑bureau avec fenêtres redimensionnables, barre des tâches et gestion multifenêtre avancée. Sur la Tab A11+, DeX reste toutefois cantonné à l’écran de la tablette : impossible de sortir un signal vidéo vers un moniteur externe, ce qui limite son intérêt pour remplacer un PC. Aucun clavier officiel n’est d’ailleurs proposé avec cette tablette.
L’expérience logicielle est complète, pérenne et relativement fluide, mais demande d’accepter une interface fournie et quelques doublons d’applications.
Audio : un son en manque de basses
La Galaxy Tab A11+ s’appuie sur quatre haut‑parleurs compatibles Dolby Atmos, répartis sur les deux côtés en mode paysage. Le niveau sonore est correct pour une pièce de taille moyenne, avec un rendu convenable pour les vidéos, séries ou podcasts, même si le manque de basses et de finesse la place nettement en dessous des séries Tab S. Pour un meilleur confort, on pourra profiter de la prise jack 3,5 mm ou du Bluetooth pour casque/enceinte.
Dans l’ensemble, l’audio fait le travail pour un usage multimédia courant, sans constituer un argument majeur face à des tablettes plus ambitieuses sur ce point.
Photo et vidéo : seulement pour le dépannage
Samsung fait dans la simplicité avec cette tablette, puisqu’on retrouve une unique caméra principal à l’arrière de 8 Mpx à f/2. Elle est accompagnée d’une caméra avant de 5 Mpx à f/2,2, située en paysage.
Capteur principal
Le module de 8 Mpx au dos de la Tab A11+ est clairement pensé pour le dépannage. En bonne lumière, les clichés restent exploitables : les couleurs sont globalement fidèles, mais le traitement logiciel lisse fortement le bruit, ce qui aplatit les détails fins et enlève du relief aux images.
Dès que la lumière baisse, le bruit grimpe et le lissage devient très agressif, rendant les photos peu utilisables, même au centre de l’image. Oubliez l’idée de prendre des photos dehors si la scène n’est pas assez bien éclairée, le capteur n’est pas capable de récolter assez de lumière. À cause de l’absence de stabilisation optique et la petite taille du capteur, on se doutait qu’il ne s’agirait pas d’un outil créatif, mais plutôt d’un simple capteur utilitaire (documentation, QR codes, scan rapide).
Portrait
La Galaxy Tab A11+ offre un mode portrait à l’image des performances du capteur principal, il ne faut pas en attendre beaucoup. Votre smartphone fera probablement des clichés plus réussis tant l’effet bokeh est raté.
Selfie
La caméra frontale de 5 Mpx délivre des selfies corrects pour les usages basiques, avec un manque de piqué et une exposition un peu aléatoire. Elle convient pour les appels vidéo et les visios de travail ou familiales, mais ne rivalise évidemment pas avec l’appareil frontal d’un smartphone milieu ou haut de gamme. Un mode portrait est disponible, avec un bokeh assez appuyé et un détourage loin du naturel des meilleurs photophones.
Vidéo
La Tab A11+ filme en Full HD 1080p à 30 i/s, à la fois à l’avant et à l’arrière. La stabilisation se limite à de la compensation logicielle, suffisante pour garder une image globalement stable lors d’un appel vidéo ou d’un enregistrement statique. La qualité est globalement alignée avec la photo : correcte en journée, peu flatteuse en intérieur sombre.
Le bloc photo/vidéo de la Tab A11+ est minimaliste et parfaitement cohérent avec une tablette abordable : il suffit pour les visios et le scan de documents, mais ne doit pas être vu comme un remplacement de l’appareil photo du smartphone.
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