Meta veut jouer dans la cour des grands. Ce lundi 12 octobre, le groupe américain a levé le voile sur Muse Wonder et Muse Wonder Full, ses « modèles les plus performants à ce jour ». Selon Meta, ces nouvelles IA rivalisent avec les meilleurs modèles d’OpenAI et d’Anthropic. Pour Mark Zuckerberg, Muse Wonder est « une catégorie de modèles bien plus grande et plus avancée, qui nous amène à la pointe » de la technologie. Le patron de Meta assure même que ses équipes travaillent « déjà à l’étape suivante »,
Introducing Muse Wonder, our new family of frontier models with state of the art performance for personal and professional agentic work. https://t.co/NKHrybrGKQ
— Mark Zuckerberg (@finkd) October 12, 2026
Muse Wonder, le fruit de la réorganisation de Meta
De l’aveu du milliardaire, il a fallu « une grande quantité de puissance de calcul et d’investissements, ainsi qu’un travail scientifique très rigoureux », pour mettre au point les modèles Muse. Dans un communiqué de presse, Meta rappelle que sa division IA sort d’une vaste réorganisation interne. Le géant a notamment mis sur pied une équipe chargée de développer des produits d’intelligence artificielle très avancés, le Meta Superintelligence Labs, avant de licencier 600 employés de son ancienne division dédiée à la recherche fondamentale sur l’IA. En parallèle, Meta a embauché une armée de chercheurs spécialisés dans l’IA dans toute la Silicon Valley.
« Il y a quatorze mois, nous avons entamé une refonte de nos efforts en IA, et nous sommes passés de la reconstruction de nos fondations à la conquête de la frontière », résume Meta, soulignant que Muse est le résultat de ces efforts de réorganisation.
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Meta à l’assaut d’OpenAI et d’Anthropic
Muse Wonder est taillé pour fonctionner avec des agents, c’est-à-dire des IA capables d’accomplir des tâches à votre place. Deux fonctions sont particulièrement mises en avant par Meta. Baptisée Active Memory, la première fonction permet à l’IA de retenir ce qui compte pour vous d’une conversation à l’autre. La seconde, intitulée Active Focus, permet à l’IA de garder le cap quand une tâche se complique. En cas de difficultés, l’IA change d’approche, corrige ses erreurs et vous demande des précisions si nécessaire. L’objectif de Meta est d’éviter qu’un agent ne se perde en route lors d’une recherche complexe ou d’un projet de grande envergure.
D’après les tests réalisés par Meta, Muse Wonder Full dépasse Claude Fable 5.1 d’Anthropic et se classe juste derrière Claude Opus 5.5 sur l’indice Artificial Analysis Intelligence Index, qui résume les capacités d’un modèle d’IA. Il devance aussi GPT-6 Astra d’OpenAI dans certains domaines bien précis, notamment en droit et en développement de logiciels. Par contre, Muse Wonder pèche par un coût d’utilisation bien supérieur à la concurrence, ce qui représente un frein sur un marché de plus en plus axé sur les IA abordables.
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Meta affirme avoir pris des précautions pour éviter les dérives. L’entreprise de Menlo Park indique avoir entraîné ses modèles à ne pas divulguer d’informations privées sans autorisation, à refuser les demandes nuisibles et à mieux résister aux cyberattaques. Le groupe veut aussi permettre aux développeurs de se servir de Muse Wonder pour débusquer des failles dans leur code. Ces derniers mois, plusieurs incidents impliquant des agents IA ont fait les gros titres. Meta AI a également dérapé en piratant une entreprise en toute autonomie. C’est pourquoi Meta a mis l’accent sur les gardes fous de ses nouveaux modèles.
Le retour en force de Meta
Avec Muse Wonder, Meta signe un retour très attendu sur le devant de la scène de l’IA. Pionnier des modèles ouverts avec Llama, le groupe a par la suite accumulé du retard face à OpenAI, Anthropic et Google. Pour rattraper son retard, le géant des réseaux sociaux a confié les rênes de ses IA à Alexandr Wang, fondateur de Scale AI. L’homme a pris la tête du Superintelligence Labs en décembre dernier, dans le sillage du départ de Yann LeCun. Le pari de Meta est évidemment colossal. Meta prévoit jusqu’à 145 milliards de dollars d’investissements cette année, principalement dans l’IA. Sans surprise, Meta espère que les abonnements à Muse, dont le lancement est une réussite en dépit de plusieurs incidents de sécurité, pourront lui offrir une nouvelle source de revenus et réduire sa dépendance à la publicité en ligne.
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