En ce mois de février 2025, quatre ans après sa création, la coentreprise Hyvia, fiancée par Renault et Plug Power, a été placée en liquidation judiciaire, entraînant la cessation de ses activités. Celle qui se rêvait de créer tout un écosystème comprenant des véhicules légers équipés de piles à combustible, des stations de recharge et la fourniture d’hydrogène décarboné, a du se rendre à l’évidence que la situation et les défis lui faisant face ne rendaient plus viable l’initiative.
À la suite de cette décision, le patron de Renault Luca de Meo s’est adressé aux députés membres de la Commission des affaires économiques, le 4 février. Il déplorait qu’il n’existait tout simplement « pas de marché du véhicule à hydrogène » tant « les conditions pour que ça fonctionne ne sont pas réunies ». Cité par Caradisiac, l’homme d’affaires mentionné que seulement 0,5 % de l’objectif initial avait été atteint du côté des capacités d’électrolyse en France, estimées à 30 mégawatts.
Pas d’impact dans le transport léger
« On se retrouve dans la situation où on vend des voitures à perte malgré des soutiens très importants. Dans le court terme je ne vois pas comment l’hydrogène pourrait avoir vraiment un impact dans le transport léger », évoquait l’homme qui travaille principalement sur la voiture électrique, avec des milliards investis, dont 550 millions alloués à la production dans l’usine de Douai, pour la Renault 5 E-Tech. Au sujet de l’hydrogène, il rajoutait que « ça sera peut-être utilisé pour les camions sur les grands axes et pour faire de l’acier vert mais je vois ça arriver plus lentement qu’on ne l’avait prévu ».
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Chez certains concurrents, l’hydrogène reste un domaine de développement, notamment avec le pionnier en la matière, Toyota, qui en est à la troisième génération de sa pile à combustible. Chez BMW, une iX5 Hydrogène doit sortir en 2025 sous une production à quelques centaines d’exemplaires, en attendant un modèle plus abouti et produit en série, attendu pour 2028 en partenariat avec Toyota. Chez Honda, l’année 2025 rimera aussi avec voiture à hydrogène puisque le constructeur japonais prévoit un CR-V Hydrogen.
Ce dernier ne sera pas une voiture à hydrogène classique, puisqu’elle emportera aussi une batterie rechargeable. Une hybridation qui rappelle Renault, il y a quelques mois, lors du Mondial de Paris 2024. En effet, le constructeur français, avant de critiquer la motorisation, dévoilait le concept Embleme. Avec ses lignes de berline de luxe, il faisait avant tout la promotion d’une nouvelle façon d’intégrer la pile à combustible dans les véhicules légers. Une exploration sous la forme d’un concept qui est donc très vite tombée aux oubliettes.
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Source : Caradisiac