Aucun pays ni aucun territoire sur Terre n’est épargné par le tapis de bombes douanières lancées par Donald Trump en début de semaine. 20 % pour les importations européennes. 34 % pour la Chine. 46 % pour le Vietnam. Et même 10 % pour les Îles Heard-et-MacDonald — un territoire australien sans population, sans activité économique, peuplé uniquement d’une colonie de pingouins. Comme le rappelle le Guardian, il n’y a eu aucune présence humaine sur place depuis près de dix ans !
Quand les chatbots influencent la politique douanière de Trump
L’histoire peut faire sourire, mais elle souligne l’amateurisme inquiétant de l’administration Trump. Selon plusieurs économistes, la méthode de calcul employée par l’administration américaine pourrait provenir de modèles d’intelligence artificielle grand public. ChatGPT, Claude, Gemini ou encore Grok produisent en effet des résultats très proches de ceux annoncés par la Maison Blanche tout en émettant, eux, de sérieuses réserves.

Pour ChatGPT, la méthode de calcul « ignore les dynamiques complexes du commerce international » ; Gemini prévient qu’il ne peut fournir qu’une approche conceptuelle « très simplifiée ». Claude indique de son côté que « les déficits commerciaux à eux seuls n’indiquent pas nécessairement des pratiques commerciales déloyales », selon les requêtes effectuées par ArsTechnica qui demandait aux bots un moyen « facile » d’équilibrer la balance commerciale.
La méthode de calcul proposée par les bots est en effet simple… et simpliste, de leur aveu même. L’économiste James Surowiecki l’a résumée en ces termes : l’administration Trump aurait simplement divisé le déficit commercial américain avec chaque pays par les exportations de ce pays vers les États-Unis, obtenant ainsi un pseudo-taux censé refléter une forme d’« injustice commerciale ». Une formule qui n’a rien d’économique, car elle ignore l’activité liée aux services.
Les États-Unis sont l’un des principaux exportateurs mondiaux de services. Le déficit commercial avec l’Europe, calculé par la Maison Blanche à 39 %, n’est en réalité que de 2,7 % en prenant les services en compte, selon l’Organisation mondiale du commerce (OMC) repris par Politico. L’UE ne s’y est d’ailleurs pas trompée en menaçant les services américains de représailles.
Lire Voici comment l’Europe compte s’attaquer aux « services numériques américains »
Ces tarifs doivent entrer en vigueur le 9 avril, avec un premier palier à 10 % dès le 5 avril. Ces droits de douane vont provoquer une guerre commerciale qui risque d’enchérir fortement les prix des biens.
🔴 Pour ne manquer aucune actualité de 01net, suivez-nous sur Google Actualités et WhatsApp.